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Résultats du Commerce Extérieur
1er semestre 2022

Messages clés : 

• La dégradation du déficit commercial à -71 Md€ au 1 er semestre 2022, contre -51 Md€ au 2nd semestre 2021, reflète celle de la facture énergétique.

• Cette dégradation est commune à l’ensemble des pays de la zone euro et s’inscrit dans un contexte mondial particulièrement peu porteur (invasion de l’Ukraine, politique zéro covid en Chine, prévisions de croissance en baisse, et inflation en hausse).

• Les services enregistrent un nouvel excédent record au 1 er semestre 2022 (+34 Md€, après +23 Md€ au 2 nd semestre 2021) en lien avec la bonne tenue des services de voyage et de transport.

• Au total, le solde de la balance courante redevient déficitaire au 1 er semestre 2022, après un excédent en 2021.

• L’appareil exportateur français reste toujours aussi résilient : on compte aujourd’hui près de 139 000 exportateurs en France au 1 er trimestre 2022, un record en 20 ans.

• Le retard par rapport à l’Allemagne en matière de compétitivité coût a été rattrapé.

• L’attractivité économique de la France reste forte (1 ère rang en Europe en nombre de projets d’investissements étrangers en 2021 pour la 3 ème année consécutive – classement EY 2022) : elle est le fruit de l’amélioration de notre compétitivité depuis plusieurs années en lien avec les réformes menées par le Gouvernement.

Echanges de biens : le déficit semestriel se creuse sous l’effet de l’explosion de la facture énergétique : 

•Les échanges de biens ont désormais largement dépassé leur niveau pré-crise: +13% pour les exportations et +26% pour les importations par rapport au 2 nd semestre 2019.

•Au 1 er semestre 2022, le déficit se dégrade nettement, à -71 Md€, contre -51 Md€ au 2 nd semestre 2021, en lien avec une facture énergétique record (-48 Md€ contre -27 Md€ au 2 nd semestre 2021).

•Hors énergie et hors matériel militaire, le déficit se stabilise, à environ -36 Md€

Focus : l’explosion de la facture énergétique : 

•La facture énergétique s’est établie à un niveau record au 1 er semestre 2022 (-48 Md€ après -27 Md€ au 2nd semestre 2021).

•Le rebond de l’activité en sortie de crise puis l’invasion de l’Ukraine ont contribué à une explosion des prix de l’énergie, notamment du pétrole et du gaz. Les approvisionnements énergétiques ont également été renchéris par la dépréciation de l’euro face au dollar.

•Entre le 2 ème trimestre 2020 et le 2 ème trimestre 2022, les prix de l’énergie à l’importation ont été multipliés par près de cinq.

•En comparaison de ses principaux partenaires européens, le mix énergétique français est sensiblement moins dépendant des énergies fossiles (46% contre 78% en Allemagne).

Les soldes commerciaux des autres pays avancés restent également dégradés par rapport aux niveaux pré-crise :

Sur les quatre premiers mois de 2022, les exportations françaises de biens sont supérieures d’environ 10 % à leur niveau des quatre premiers mois de 2019, une hausse comparable à l’Allemagne et supérieure au Royaume-Uni. Les exportations ont été les plus dynamiques en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis.

Sur les quatre premiers mois de 2022, le solde des biens par rapport à la même période de 2019 reste dégradé pour la France et tous les autres partenaires économiques. Cette dégradation a été particulièrement importante aux Etats-Unis et en Allemagne.

Echanges de biens : les excédents traditionnels dans la pharmacie ou l’agroalimentaire se consolident : 

•Entre le 2nd semestre 2021 et le 1 er semestre 2022, les excédents pharmaceutique et agroalimentaire se sont sensiblement consolidés.

•L’excédent aéronautique, à +10 Md€, s’est redressé depuis le 1 er semestre 2020 (+7 Md€) mais reste très en dessous de son niveau de 2019 (+15 Md€ en moyenne).

Echanges de biens : les exportations textiles, agroalimentaires et chimiques ont bien rebondi en sortie de crise alors que l’aéronautique et l’automobile restent pénalisés :

•Certains secteurs ont vu leurs exportations rapidement accélérer en sortie de crise : les produits agricoles et agroalimentaires (+24% par rapport au 2 nd semestre 2019), le secteur textile (+26%), les produits pharmaceutiques, chimiques, parfums et cosmétiques (+22%).

•D’autres secteurs d’importance restent largement pénalisés par les prolongements de la crise : les exportations aéronautiques restent largement en-deçà de leur niveau du 2 nd semestre 2019 (-34%), et dans une moindre mesure les exportations automobiles (-8%).

Focus : échanges agricoles et agroalimentaires avec les pays hors UE :

•Au 1 er semestre 2022, les pays hors-UE représentaient 43% de nos exportations agricoles et agroalimentaires et 36% de nos importations. L’excédent s’élevait à +4,5 Md€

•Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine représentaient près de la moitié de nos débouchés hors-UE.

•Les exportations vers le Canada ont largement progressé depuis l’entrée en vigueur du CETA (+35% de nos exportations agricoles et agroalimentaires vers le Canada, entre le 1 er semestre 2019 et le 1 er semestre 2022).

Echanges de biens : nos exportations sont principalement portées par le dynamisme du commerce intra UE : 

•Nos exportations se sont surtout rétablies grâce au dynamisme de nos échanges avec nos partenaires de l’UE, particulièrement avec l’Italie, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas.

•L’Amérique du Nord est le 2 ème contributeur à la croissance de nos exportations par rapport au niveau d’avant crise, principalement grâce aux Etats-Unis où elles ont progressé de +15 %.

•Dans les autres régions du monde, nos exportations progressent vers l’Europe horsUE, portées par la Turquie (+30 %), tandis qu’elles rattrapent pour la première fois leur niveau d’avant crise vers le Royaume-Uni. Nos exportations augmentent plus faiblement vers l’Asie, portées par leur forte croissance en Chine (+12 %).

Focus : impact du conflit et des sanctions sur les échanges avec la Russie :

Echanges de services : un excédent historique porté par le secteur des transports et le redressement du tourisme :

•Le solde des services confirme son redressement au 1 er semestre 2022 avec un excédent record de +34 Md€, dépassant largement son niveau d’avant crise et son précédent record du 2 nd semestre 2021.

•Cette performance est à nouveau liée à la bonne performance des services de transport maritime, du fait du maintien à un niveau élevé des prix du fret maritime, qui bénéficient aux grands armateurs européens et français.

•Le secteur des voyages poursuit également sa reprise et voit désormais son excédent dépasser son niveau d’avant crise.

Focus: une forte progression des échanges de services financiers favorisée par le Brexit : 

•Depuis la crise, les exportations de services financiers ont connu une forte progression, contribuant à un excédent record au 1er semestre 2022 (+4,4 Md€).

•Le solde des services financiers échangés par les intermédiaires financiers progressait encore en 2021 à +4,3 Md€ après les hausses déjà constatées en 2020 (+3,3 Md€) et 2019 (+2,6 Md€).

•Les intermédiaires financiers résidents en France appartenant à des groupes britanniques ou américains participent à l’excédent à hauteur de 1,1 Md€ en 2021.

•Le solde des services financiers vis-à-vis du Royaume-Uni redevient excédentaire (-0,2 Md€ en 2019 à +0,3 Md€ en 2021) notamment grâce à l’installation en France de quatre groupes bancaires britanniques ou américains.

Evolution du solde de la balance courante (en Md€) :

•La balance des services a atteint un nouveau point haut tandis que le solde des biens s’est de nouveau détérioré.

•La balance courante est de nouveau déficitaire de -10 Md€ au 1 er semestre 2022, un résultat en détérioration après l’excédent de 2021.

•Sur les 12 derniers mois, le déficit courant s’établit à -0,4 % du PIB (base 2021), proche de la moyenne constatée sur 2010-2018.

Contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB :

•La contribution du commerce extérieur à la croissance a été fortement positive au 2 ème trimestre 2022 (+0,4 pt, après +0,1 pt au 1 er trimestre 2022).

•Au 1 er trimestre 2022, la contribution positive s’explique par la livraison d’un paquebot et par la poursuite de la progression du tourisme étranger en France.

•Au 2 ème trimestre 2022, la contribution positive du commerce à la croissance s’explique par une forte hausse des exports de tourisme et de services (notamment fret), alors que les imports de tourisme et de services ont légèrement baissé.

Nouveau record pour l’appareil exportateur français :

•Le nombre d’exportateurs français s’élève au premier trimestre 2022 à 138 700 entreprises, son niveau le plus élevé depuis 20 ans.

•La croissance des nouvelles entreprises exportatrices a été très soutenue (+38 100 au 1 er trimestre 2022 après +32 600 au 1 er trimestre 2021). En 2021, le nombre d’exportateurs vers l’UE a augmenté de +7 %.

Environnement international : des prévisions de croissance des échanges revues à la baisse depuis le début de la guerre en Ukraine :

•En 2022, les échanges mondiaux demeureraient dynamiques (+4 % selon le FMI), après le très fort rebond de 2021 (+10 %), en dépit du contexte morose : guerre en Ukraine et résurgence de l’épidémie de Covid en Asie qui accentuent les difficultés d’approvisionnement au 1 er semestre 2022.

•L’ensemble des prévisions de croissance et de commerce mondial ont été revues à la baisse pour 2022 et 2023 depuis le début de la guerre en Ukraine.

Environnement international : des prévisions d’inflation revues fortement à la hausse depuis le début de la guerre en Ukraine :

•En 2022, l’inflation en France serait comprise entre 5 et 6 % selon les prévisions, en lien avec la hausse des prix de l’énergie et des matières premières qui se transmettrait progressivement aux prix à la consommation.

•L’inflation en France est cependant sensiblement inférieure à celle de la zone euro (6,5 % en g.a en juin 2022 contre 8,6 % en zone euro), notamment grâce aux mesures de limitation des prix de l’énergie du Gouvernement (bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité et remise carburant).

Environnement international : l’euro s’est déprécié sur le semestre :

•En juin 2022, par rapport à décembre 2021, le taux de change effectif nominal de la zone euro s’est déprécié de -2,9%, principalement pénalisé par la divergence de politique monétaire de la BCE avec les autres grandes banques centrales et par son exposition au conflit en Ukraine.

•L’euro se déprécie par rapport au dollar et au yuan entre décembre 2021 et juin 2022.

•Cette dépréciation a des effets inflationnistes mais améliore notre compétitivité.

Environnement international : politique commerciale :

Un ordre commercial international marqué par l’instabilité géopolitique mondiale :

➢ Perturbation des chaînes de valeur, du fait de l’invasion de l’Ukraine par la Russie (sanctions commerciales, tension sur le fret, etc.)

➢ Poursuite des tensions commerciales Chine-EtatsUnis avec un risque de découplage ciblé et de duplication des activités de la part des entreprises (présence en Chine pour le marché chinois s’ajoutant à une présence hors de Chine pour le reste du monde)

➢ Multiplication des irritants d’accès aux marchés tiers (ex : projet de réglementation en Afrique du Sud sur l’étiquetage des vins).

Une stratégie européenne offensive :

➢ Des résultats significatifs sous PFUE sur les trois volets de la politique commerciale de l’UE :

• Assertivité avec la signature de l’instrument de réciprocité dans les marchés publics et instruments autonomes de lutte contre les pratiques déloyales ;

• Durabilité avec les accords au Conseil sur le mécanisme d’ajustement carbone et la déforestation, et la nouvelle approche de l’UE sur les engagements de développement durable dans les accords de commerce ;

• Ouverture avec la 12ème conférence ministérielle de l’OMC, le Conseil commerce et technologies avec les Etats-Unis et la finalisation des négociations UE-Nouvelle-Zélande.

➢ Attitude proactive de l’UE pour obtenir la levée des irritants d’accès au marché et discipliner les pratiques distorsives, y compris avec la Chine (Sommet UE-Chine du 1 er avril, dialogue économique de haut niveau du 19 juillet).

Une baisse conjoncturelle des parts de marché à l’export en 2020 et 2021 …:

•La France a été pénalisée par sa spécialisation dans des secteurs particulièrement touchés par la crise (aéronautique, tourisme).

•Par conséquent, les parts de marché mondiales en valeur de la France à l’export, qui s’étaient stabilisées entre 2012 et 2019, ont reculé de 0,4 pt entre 2019 et 2021 (biens).

…mais les indicateurs de compétitivité de la France restent bien orientés :

•En matière de compétitivité-coût : le retard de la France par rapport à l’Allemagne entre 2000 et 2010 a été entièrement rattrapé entre 2010 et 2019 (source : Banque de France).

•La compétitivité est aussi soutenue depuis 2020 par les mesures du plan France Relance (34 Md€ ciblés sur la compétitivité).

Les politiques de soutien à l’exportation :

• Plus de 27 000 entreprises ont été accompagnées par la TFE depuis 2018.

• Les entreprises accompagnées par la TFE ont eu une croissance de leur CA export 2 fois plus forte que les autres et ont créé 1,5 emploi en moyenne (Baromètre IPSOS 2019) ;

• 12 000 emplois ont été créés par les entreprises accompagnées en 2020.

Un volet export a été inséré dans le plan France Relance ciblant particulièrement le retour des PME-ETI sur les marchés internationaux, prolongé jusque fin 2022 dans le cadre du Plan de résilience.

Un bilan: • Chèques relance export et VIE (près de 8 000 PME-ETI bénéficiaires au 30/06/2022), e-vitrines, marketplaces, VIE-filières, Relance export tours, « Mes infos marchés », etc.

• Nette accélération des chèques relance export depuis mars 2022.

France 2030 :

• France 2030 est un plan d’investissement doté de 54 Md€ sur 5 ans, dans des projets ciblés.

• Il permet à la France : ➢ de concentrer ses efforts dans le temps et selon les technologies pour se rapprocher de la frontière technologique dans des domaines clés.

➢ de prendre en charge une part du risque issu de l’investissement dans des technologies à venir et dont le potentiel de rupture ne se matérialise qu’à moyen terme.

• La sélection des projets et l’allocation des investissements publics s’articulent autour de deux objectifs :

➢ consacrer 50 % des dépenses à la décarbonation de l’économie.

➢ consacrer 50 % des dépenses à des acteurs émergents, porteurs d’innovation et d’une vision ambitieuse à long terme et qui pourront être les leaders des marchés de demain. • Pour contribuer au succès de France 2030, nous devons rechercher les débouchés export de ces filières, sécuriser nos approvisionnements critiques, nouer des accords commerciaux avec nos partenaires stratégiques et attirer tous les investissements et les talents dont nous avons besoin.

Présentation complète et détaillée sur  : tresor.economie.gouv.fr 

ALLER PLUS LOIN :

La semaine du Commerce International par Expansio (abonnement gratuit) 

LE MOCI Résultats du Commerce extérieur par secteurs et zones

VIE PUBLIQUE Commerce extérieur français : un déficit record en 2021

INSEE – Tableau de bord de l’économie française – Commerce extérieur. 

DOUANE Les analyses du chiffre du commerce extérieur – Juin 2022 :

+ Liens et téléchargements

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