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1er trimestre 2022
Résultats du Commerce Extérieur de la France

LE SOLDE COMMERCIAL SE DÉGRADE FORTEMENT

En moyenne mobile sur trois mois, le solde commercial se dégrade sensiblement en mars 2022 (de 1,2 Md€) et atteint le niveau historique de –11,5 Md€. Ainsi, la baisse quasi-ininterrompue depuis le début de l’année 2021 du solde commercial se prolonge, en raison d’importations qui continuent de progresser, tandis que les exportations se replient. En effet, les importations, qui progressent à un rythme régulier depuis trois mois (+0,7 Md€ en moyenne), s’établissent en mars 2022 à 57,4 Md€. À l’inverse, les exportations reculent (de 0,5 Md€) pour la première fois depuis le début de l’année 2021 et s’établissent ce mois-ci à 45,9 Md€. La hausse des montants échangés est portée par l’augmentation des prix. En moyenne sur trois mois, en mars 2022 les prix augmenteraient de 5 % à l’importation et 2 % à l’exportation, pour des valeurs échangées qui augmentent à un rythme moindre (respectivement de 3,7 % et 1,1 %). En cumul sur douze mois glissants, le solde commercial s’établit à un niveau record de –100,0 Md€.

Flambée des prix de l’énergie

Flambée des cours de l’énergie et plus largement de toutes les matières premières, appréciation du dollar par rapport à l’euro : l’invasion russe en Ukraine depuis le 24 février provoque de nouveaux chocs sur le commerce extérieur de la France.

La dégradation est liée « pour moitié à la hausse des prix de l’énergie » en mars selon les Douanes.

La facture énergétique qui s’envolait déjà depuis l’automne dernier s’est encore alourdie de 3,9 milliards d’euros au premier trimestre, par rapport aux trois mois précédents. Les achats de produits agricoles ont également bondi, de 6,4 %. Les importations ont ainsi atteint 176 milliards d’euros sur la période, dépassant de 20 % leur niveau moyen de 2019 en valeur.

Portées par les ventes de produits manufacturés dans quasiment tous les secteurs, les exportations de marchandises ont, elles, progressé de 5,3 %, à 139 milliards au premier trimestre, malgré un recul significatif (500 millions d’euros) en mars. Les livraisons à l’étranger de matériels de transport, tirées par la reprise de l’aéronautique et la remise du paquebot Wonder of the Seas aux Etats-Unis, expliquent à elles seules « deux cinquième de la hausse », selon les Douanes.

Dégradation avec la Russie

Dans ce contexte, les parts de marché de la France dans le commerce mondial ont continué à s’éroder au premier trimestre. Sur la période, elle a, certes, amélioré de 2,5 milliards d’euros son solde commercial avec ses partenaires de l’Union européenne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas en tête. Mais la réorientation de ses achats d’hydrocarbures a entraîné une dégradation de sa balance avec l’Afrique ainsi qu’avec les Etats-Unis.

Le déficit avec la Chine s’est par ailleurs aggravé, les livraisons par la France de produits aéronautiques ayant chuté. Il s’est également creusé avec la Russie qui a profité de l’envolée des prix du pétrole et du gaz. « La guerre en Ukraine et les confinements en Chine pénaliseront les exportations françaises sur l’ensemble de l’année », prévient Sylvain Bersinger, économiste chez Asterès qui évalue à « environ 8 milliards » le choc de cette nouvelle donne géopolitique sur les exportations hexagonales.

Seul point positif dans ce tableau plutôt sombre : l’excédent des échanges de services s’améliore. Il atteint 6,5 milliards d’euros au mois de mars et 16 milliards sur le trimestre, limitant ainsi la dérive du déficit courant de la France.

Analyse mensuelle – Mars 2022

VIE PUBLIQUE Commerce extérieur français : un déficit record en 2021

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